Trois mots et tout un système chancelle. Car dans le langage feutré de la diplomatie, “prendre note” signifie “désapprouver poliment”, ou pire encore, “ne pas reconnaître sans le dire”.
Le silence comme arme politique
Le mutisme de l’ONU résonne comme un coup de tonnerre dans les palais de Yaoundé.Pendant qu’on parade encore avec des drapeaux et des fanfares, l’institution planétaire, censée être neutre, choisit de lever un sourcil, ni plus
Mais au fond, qui a donné mandat à l’ONU pour bénir ou maudire les urnes d’un pays souverain? Qui a décrété qu’un silence venu de New York devait servir de verdict aux peuples africains?
L’Afrique, encore une fois, devient le théâtre d’un double langage : on invoque la souveraineté lorsqu’il s’agit d’exploiter ses ressources, mais on la renie dès que les urnes dérangent l’ordre établi.
Quand le temple du droit devient tribunal des nations
L’ONU, jadis sanctuaire de la diplomatie mondiale, ressemble de plus en plus à un tribunal silencieux où certaines nations sont juges et d’autres, éternelles accusées.
Le Cameroun n’est pas un modèle démocratique, certes, mais depuis quand la démocratie se décrète par communiqué de presse? Depuis quand un peuple cesse-t-il d’être libre parce qu’il n’a pas reçu les félicitations d’un porte-parole occidental? Cette “prise de note” est en réalité une note de mépris, écrite à l’encre froide du paternalisme.
Satire d’un monde à deux vitesses
Imaginons un instant l’inverse: Et si l’Union Africaine publiait à son tour un communiqué sur les élections américaines, déclarant:
“Nous prenons note des résultats, en attendant que la démocratie y soit réellement inclusive.”
L’Occident crierait au scandale. Mais quand c’est l’ONU qui se permet ce ton, tout le monde y voit un signe de “responsabilité internationale”. Ah, la morale sélective des puissants !
Et la leçon dans tout ça?
La satire n’est pas là pour défendre un homme, mais une idée: celle de la souveraineté véritable. Car si l’ONU commence à “prendre note” des gouvernements élus en Afrique, alors demain elle “notera” aussi les décisions économiques, les alliances militaires, les projets énergétiques.
Un jour, elle “notera” même nos silences.
Conclusion: le droit de s’autodéterminer ou le devoir d’être noté?
Le vrai débat n’est pas Paul Biya, mais le principe : Jusqu’où une organisation internationale peut-elle juger un État sans se transformer en instrument politique? L’Afrique doit-elle encore tendre la joue à chaque gifle diplomatique, ou enfin relever la tête et répondre:
“Merci, mais vos notes, gardez-les pour vos propres copies.”