Révolution Énergétique Mondiale: Les Renouvelables S’imposent Mais Qui Reste sur le Tarmac ?
Le paysage énergétique mondial a radicalement changé, et les énergies fossiles perdent du terrain.
Selon deux rapports majeurs soutenus par l’ONU, la révolution énergétique propre a franchi un seuil historique. En 2024, plus de 92 % de la nouvelle capacité électrique mondiale provenait de sources renouvelables. Le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité ne sont plus de simples alternatives : ils sont devenus la force dominante qui redessine les réseaux énergétiques de la planète.
Les chiffres sont saisissants. L’année dernière, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé les 2 000 milliards de dollars, éclipsant de 800 milliards ceux consacrés aux énergies fossiles. Plus encore, l’énergie éolienne terrestre et le solaire sont désormais respectivement 53 % et 41 % moins chers que les combustibles fossiles les plus économiques.
Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a été on ne peut plus clair : « L’ère des combustibles fossiles vacille et s’effondre. » Il a salué cette transition comme l’« aube d’une nouvelle ère énergétique », caractérisée par une électricité propre, abondante et de plus en plus abordable.
Mais au milieu de cette euphorie, un avertissement s’impose : la révolution ne va pas assez vite et elle ne profite pas à tous.
Tandis que des pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil mènent la transition la Chine a intégré l’énergie verte dans un dixième de son économie l’Afrique reste presque invisible dans ce tableau. Et pourtant, malgré son potentiel solaire immense et ses besoins criants en électrification, le continent n’a représenté que moins de 2 % des nouvelles installations d’énergies renouvelables en 2024.
« Le Sud global doit être en mesure de produire sa propre électricité sans s’enfoncer dans des dettes insoutenables », alerte Adelle Thomas, climatologue bahamienne. Son appel met en lumière l’injustice d’un avenir vert construit sans équité d’accès.
Ironie du sort, les combustibles fossiles continuent de recevoir près de neuf fois plus de subventions publiques que les renouvelables soit 620 milliards de dollars contre seulement 70 milliards. Guterres a dénoncé cet écart comme un véritable sabotage économique. « Les pays qui s’accrochent aux combustibles fossiles ne protègent pas leurs économies ils les ruinent, augmentent les coûts et s’enferment dans des actifs voués à la dévalorisation. »
Alors que les technologies propres explosent, la production fossile continue pourtant de croître, stimulée par la demande énergétique croissante des pays en développement, des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle et par les besoins de climatisation dans un monde toujours plus chaud.
Ces mêmes centres de données, a averti Guterres, pourraient consommer d’ici 2030 autant d’électricité que l’ensemble du Japon aujourd’hui. Il appelle désormais les géants de la tech à alimenter tous leurs centres de données exclusivement avec des énergies renouvelables d’ici la fin de la décennie.
« L’avenir se construit dans le cloud », a-t-il déclaré. « Il doit être propulsé par le soleil, le vent et la promesse d’un monde meilleur. »
Mais pour que cette promesse ait du sens, elle doit être inclusive. L’ère des renouvelables ne peut pas être un luxe réservé à une élite : elle doit devenir un droit universel.