CAF: QUAND LE SIFFLET SENT LE PARFUM DU CHÈQUE

Franck Gutenberg
AFCON 2025/ © CAF

Dar es Salaam: la réunion qui a déraillé

Il fallait voir la scène. À Dar es Salaam, lors d’une réunion stratégique de la Confédération Africaine de Football, l’impensable se serait produit : un départ précipité, une tension palpable, des accusations croisées.

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, aurait quitté la salle avant la fin des débats, visiblement irrité. Officiellement, tout va bien. Officieusement, le climat sentait la poudre. Dans les couloirs, un mot revenait: arbitrage.

L’ombre des absents

Parmi les faits marquants: l’absence remarquée de Fouzi Lekjaa, président influent de la Fédération marocaine. Absence physique. Absence virtuelle. Refus de visioconférence. Dans une institution où chacun s’affiche quand tout va bien, les absences deviennent soudain très éloquentes lorsque les débats se corsent.

Autre absence évoquée : celle de Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la CAF. Dans une réunion où l’arbitrage était au centre des critiques, son silence aurait alimenté toutes les spéculations. Coïncidence ? Peut-être. Mais en Afrique, on dit souvent que le silence est parfois plus bruyant que les mots.

Le WhatsApp-gate africain ?

L’accusation la plus spectaculaire concerne la nomination du président de la commission d’arbitrage, qui aurait été décidée… via messagerie privée. Oui, vous avez bien lu.

Dans un continent qui rêve de VAR, de transparence et de professionnalisation, on murmure que des décisions clés auraient été prises par échanges privés entre quelques dirigeants influents.

Si ces allégations étaient confirmées, la question serait simple: Peut-on moderniser le football africain avec des méthodes de gestion de groupe WhatsApp?

La finale Maroc–Sénégal: match ou mirage?

La finale entre le Maroc et le Sénégal, évoquée avec virulence par plusieurs intervenants, serait devenue le symbole de tout ce qui divise.

Décisions arbitrales contestées. Gestion des cartons discutée.
Soupçons d’ingérence.

Dans toute compétition, l’erreur humaine existe. Mais lorsque l’erreur devient systématiquement orientée dans l’imaginaire collectif, elle cesse d’être une simple erreur : elle devient un soupçon.

Et le soupçon, en football, est plus dangereux qu’une défaite.

Samuel Eto’o et la fronde réformatrice

Présent à la réunion, Samuel Eto’o aurait soutenu la demande de réforme profonde de la commission d’arbitrage.

Dissolution totale?
Refonte structurelle?
Audit indépendant?

Le mot d’ordre serait clair : on ne repeint pas un mur fissuré, on consolide les fondations. D’autres fédérations du Sénégal, de l’Égypte et du Nigeria auraient également exprimé leur malaise. Ce qui change ici, ce n’est pas l’existence des critiques. C’est leur convergence.

La vraie maladie: l’argent ou le silence?

Le président Motsepe, homme d’affaires accompli, met régulièrement en avant les progrès financiers: nouveaux sponsors, recettes en hausse, projets d’expansion, CAN élargie, nouvelles compétitions. Sur le papier, c’est impressionnant. Mais une question demeure: À quoi servent les chiffres si la crédibilité s’effondre ?

Le football africain n’a pas seulement besoin d’argent.Il a besoin de confiance. Sans confiance, un trophée devient suspect. Sans confiance, une victoire devient polémique. Sans confiance, le public se détourne.

Quand le sifflet devient instrument

 

 

 

Imaginons un instant une CAF où :

  • Les nominations se discutent en messages privés.
  • Les commissions arbitrales se créent entre trois contacts favoris.
  • Les conférences de presse parlent chiffres pendant que les questions dérangeantes sont évitées.

Ce ne serait plus une confédération sportive. Ce serait une start-up opaque du ballon rond. Le football africain mérite mieux qu’un théâtre d’ombres. Il mérite des procédures écrites, des votes formels, des comptes rendus publics, et une transparence qui résiste à l’audit.

Le danger pour l’image du continent

L’Afrique n’a pas besoin d’un scandale supplémentaire. Alor’s que la FIFA surveille de près la gouvernance continentale, toute perception de dérive peut entraîner :

  • Une perte de crédibilité internationale
  • Une réduction d’influence politique
  • Une méfiance des sponsors mondiaux
  • Un affaiblissement du poids africain dans les instances mondiales

Le football est l’un des rares domaines où l’Afrique parle d’une seule voix sur la scène globale. Le fragiliser par des soupçons internes serait un suicide institutionnel.

Le vrai choix: réforme ou façade?

Aujourd’hui, la CAF est à la croisée des chemins:

  1. Soit elle ouvre ses livres, réforme ses commissions, publie ses procédures.
  2. Soit elle multiplie les conférences de presse rassurantes pendant que la défiance grandit.

L’histoire du sport montre une chose: les institutions qui refusent l’autocritique finissent par être réformées de l’extérieur. Et cela, aucun dirigeant ne le souhaite.

le sifflet doit rester sacré

Le football africain est passion. Il est identité.
Il est fierté continentale.Si l’arbitrage devient suspect, si les nominations semblent opaques, si les absences remplacent les explications, alors le problème dépasse un simple match.

Il touche à l’honneur du sport.La CAF peut encore transformer cette crise en opportunité.Mais pour cela, il faudra plus qu’un communiqué.Il faudra du courage.Et surtout, de la transparence.

USAFRICA NEWS continuera de suivre ce dossier. Car le football africain mérite la lumière  pas l’ombre des soupçons.