Quand l’État trahit ses Lions
Le Cameroun n’a pas seulement un problème de résultats sportifs.
Il a un problème de dirigeants. Et à la tête de ce naufrage organisé, un nom s’impose : Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l’Éducation physique.
Depuis des mois, sa gestion des Lions Indomptables ressemble à une caricature de mauvaise gouvernance. Mais cette fois, la coupe est pleine : les primes de match des joueurs ont disparu.
« Le traitement est en cours », se défendent les responsables du ministère. Une phrase devenue le symbole de leur mépris.
Après le match nul contre l’Angola, les joueurs et le staff attendaient le versement de leurs primes, comme prévu par la réglementation.
Le Trésor public a débloqué les fonds. La Fecafoot a validé les budgets.
Mais deux semaines plus tard, personne n’a reçu un franc.
Le ministère, lui, garde le silence un silence lourd, coupable, indigne.
100 millions de FCFA envolés: la honte du Minsep
Les chiffres sont têtus. 26 joueurs, 24 encadreurs. Une prime de 2 millions FCFA par joueur pour un match nul, et le double pour le sélectionneur.
Total: près de 100 millions FCFA. Un montant précis, budgété, validé… et évaporé.
« L’argent a été utilisé à d’autres fins », confie une source interne au ministère.
Autrement dit, un détournement pur et simple.
Un hold-up institutionnel, en pleine préparation pour la Coupe du monde.
Pendant que les Lions transpirent, leurs dirigeants pillent.
Pendant que le peuple espère, le ministre encaisse.
Un ministre dépassé et déconnecté
Ce scandale n’est pas un accident: il est la conséquence directe d’un système pourri, entretenu par un ministre plus soucieux de sa communication que de ses responsabilités.
Depuis plus d’un an, Narcisse Mouelle Kombi a repris illégalement la gestion des Lions Indomptables, en violation des textes présidentiels de 2014.
Résultat: désordre, confusion, surfacturations et climat délétère.
« Ce n’est plus une gestion, c’est une prédation organisée », commente un cadre du ministère, écœuré.
Les missions se multiplient, les délégations gonflent, les hôtels se choisissent dans le luxe pendant que les joueurs attendent leurs primes et que les caisses se vident. La logique est simple: plus il y a d’opacité, plus il y a d’argent à détourner.
Un sabotage en règle des Lions Indomptables
Le sélectionneur Marc Brys attend lui aussi ses 2 millions FCFA.
Excédé, il aurait décidé de geler la publication de sa liste de joueurs tant que son dû ne lui est pas versé. Et il a raison: comment motiver des hommes qu’on humilie ? Comment espérer la victoire quand le propre ministère agit comme un saboteur?
La tanière est en colère. Les joueurs ne cachent plus leur mécontentement.
À Rabat, où débute le prochain regroupement, la tension promet d’être électrique. Car il ne s’agit plus seulement d’argent, mais de respect, de confiance et de dignité nationale.
Un symbole du mal camerounais
L’affaire Mouelle Kombi dépasse le cadre du sport. Elle incarne le mal camerounais dans toute sa crudité: le mensonge d’État, la corruption arrogante, et l’impunité des puissants. Chaque scandale de ce genre éloigne un peu plus le Cameroun de la performance, du mérite et de la fierté. Et chaque silence du pouvoir devient une complicité.
« Le Cameroun n’est pas pauvre, il est appauvri par l’incompétence. »
Une vérité qui résonne comme une gifle dans un pays où les héros sont maltraités pendant que les incompétents prospèrent.
Conclusion: assez de médiocrité
Narcisse Mouelle Kombi a trahi la confiance du peuple et des joueurs.
Sous sa gestion, le ministère des Sports est devenu un repaire de prédateurs, un sanctuaire de l’incompétence.
À ce stade, il ne s’agit plus d’une question sportive, mais d’une question morale et patriotique. Le Cameroun mérite mieux que ce ministre.
Les Lions Indomptables méritent mieux que ce mépris.
Et le peuple mérite des comptes. Car quand un ministre pille ceux qui défendent les couleurs nationales, il ne trahit pas une équipe: il trahit la nation entière.